La Fontaine fraîche

Fontaine fraîche

La Fontaine fraîche, c’est reparti pour quelques siècles, nous la léguons aux générations futures.

Les fontaines de Cascastel ont été restaurées : en effet, seule la fontaine fraîche avec sa pierre datée de 1906, avait laissé une trace dans les mémoires. A l’occasion des travaux de restauration, l’autre fontaine a révélé sa date de mise en place, elle est en effet gravée 1809.
Nous savons par les délibérations du Conseil Municipal qu’il s’agit d’une réparation.
Quant à la pierre datée de 1906, elle a été retrouvée, par Mr Casato, Maire, lors d’une opération de débroussaillage des anciens jardins en bord de rivière.
La commune de Cascastel souhaitait depuis longtemps restaurer cette fontaine. Nombre d’habitants de Cascastel se rappellent d’y être allés puiser de l’eau car elle était fraîche, mais le réseau qui l’alimentait a été détruit dans les années 1970 et on ignore d’où provenait exactement cette si bonne eau, la seule potable jusqu’en 1954.

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En ce mois de Juillet 2016, la pierre républicaine a été remise en place.

La fontaine réparée en 1809 fut pendant des siècles la seule fontaine de Cascastel. Nous savons toujours par les délibérations du conseil qu’elle était insuffisante et qu’on choisit en 1883 de l’alimenter à partir du béal des moulins.

Le béal étant « enduit d’une boue noire et nauséabonde », les habitants allaient puiser plus haut dans la rivière. On se mit donc en devoir de construire une adduction d’eau à partir de la rivière qui sera mise en service dès 1884 avec trois fontaines dont la » Piala ».
Rapidement l’installation s’avèrera fragile et inefficace. Le 3 Juin 1899 un orage va causer des dégâts considérables et un nouveau projet sera décidé dans l’urgence, mais la commune reculera devant l’ampleur de l’investissement que certains considèrent comme superflu.
En 1913, rien n’est encore fait et les épidémies de fièvre typhoïde se succèdent chaque année. Mr Joseph Dupré étant Maire, un nouveau projet de captage des « founs fredos » est mis sur pied, en commun avec Villeneuve et semble ne pas avoir eu de suite, sans doute en raison de la guerre 1914-1918.
En 1923, une adduction d’eau est en cours de réalisation par le Génie Rural. Une Association Syndicale d’amenée d’eau est créée pour gérer ce réseau. En 1924, un accord rémunéré de fourniture d’eau est conclu entre l’association syndicale et la commune. La commune construira son réservoir à côté de celui de l’association (emplacement actuel de la Piala) les réseaux seront partagés. L’eau arrivera en Avril 1925.
C’est de l’eau agricole. On en consomme des quantités inconcevables aujourd’hui (40m3 jour), surtout pour nettoyer les rues souillées par les animaux.
En 1936, la commune décide d’acheter le terrain du réservoir actuel. En 1939, la commune de Villeneuve se joint à ce projet et partage la tranchée et les frais avec Cascastel. Ce projet (Fonts froides) aboutira pour Cascastel en 1954, et pour Villeneuve, l’eau d’Albas arrivera en 1958 pour les fontaines et dans les années 1960 pour les maisons. En 1999, les dégâts considérables subis par les installations suite aux inondations catastrophiques des 12 et 13 Novembre ont entraîné leur reconstruction.
Aujourd’hui, les besoins domestiques ne cessent d’augmenter de même que les besoins pour les traitements de la vigne. Un nouveau forage va être mis en service pour renforcer les sources défaillantes en période de sècheresse intense.
Cette fontaine que nous venons de restaurer marque un jalon de cette longue histoire de l’usage de l’eau dans notre village. Elle témoigne de ce qu’était la vie de ceux qui nous ont précédés et du cadre dans lequel elle se déroulait.
Ce cadre qui ne manquait d’ailleurs pas de cachet et qui a laissé d’émouvants souvenirs à beaucoup d’entre nous.
Ce bien commun, ce maillon de la si longue chaine humaine, ce témoin de nos racines, nous l’avons remis à sa place comme signe de notre volonté de garder à nôtre village tout son caractère et son attrait touristique.
Pour aboutir ce projet a du bénéficier de nombreuses contributions, à savoir notamment : Mr Didier Casato, Maire, et son conseil Municipal, qui ont soutenu et financé l’opération, les Amis du Château de Cascastel et les bénévoles qui ont périodiquement assuré le nettoyage du site, Mr Stéphane Landuré (Pierre du Midi) dont chacun a pu constater l’efficience et le savoir faire, Mr Christian Creton et le personnel communal qui ont parachevé l’aménagement du site.
Une souscription ouverte auprès de la Fondation du Patrimoine viendra en déduction des frais engagés par la municipalité.

Encore quelques finitions et on inaugure...

Ainsi, ce petit monument représente t’il beaucoup plus qu’un bel édifice, il témoigne de notre capacité à faire beau et bien ensemble quand nous le voulons.
Plus que quelques finitions avant l’inauguration qui aura lieu à l’occasion des Journées du Patrimoine, le Dimanche 18 Septembre 2016.
Pour ceux qui le souhaitent départ de la Place de l’église à 10h30 pour un parcours découverte commenté du vieux village avec arrivée à la fontaine fraîche à 11h30 pour l’inauguration.
Un apéritif sera offert aux habitants de Cascastel et sur invitation devant le Château.

Affiche Fondation Patrimoine
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Fontaine fraîche

La commune de Cascastel a entrepris la restauration de la « fontaine fraîche ».

Ce site de la fontaine figure comme propriété communale sur le cadastre dressé en 1835. Il comprenait, à gauche, un ancien griffon, et à droite, le griffon de la « fontaine fraîche » supporté par un bloc de marbre local (La Ginière) gravé « RF 1906 ».

Fontaine fraîche, dans les années 1960

Les deux griffons de la fontaine

L’histoire du griffon primitif (à gauche) à laissé des traces dans les archives municipales : Une délibération du conseil municipal de 1810 décide de la réparation de la fontaine publique.
La pierre supportant ce griffon a été nettoyée avant sa remise en place et à révélé un décor de feuilles et une date:1809. Cette découverte tombe à point pour étayer les interprétation bâties sur les documents municipaux parvenus jusqu’à nous.

Fontaine fraîche, ancien griffon 1809

La fontaine de 1809

En 1874, ce griffon est toujours la seule fontaine du village. En 1883, le conseil délibère ainsi : « L’eau que donne naturellement cette fontaine » ne peut suffire aux besoins d’un quart des habitants. On est obligé en été et presque tout le temps « d’introduire dans la fontaine de l’eau du canal d’irrigation des jardins. Le canal faisant suite à celui des moulins est toujours enduit d’une boue noire et infecte, il longe les endroits les plus malpropres du village et par suite de cette infiltration, les habitants sont obligés d’aller puiser à un kilomètre plus haut dans la rivière. »
A cette époque les besoins en eau sont importants. La population du village du seul Cascastel se situe autour de 417 habitants. Si les besoins de confort n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui, il y avait dans le village quantité d’animaux de trait ou d’élevage à faire boire et les rues devaient être nettoyées.
Une première adduction d’eau, prise sur la rivière et non potable, avec abreuvoirs et fontaines, sera mise en service dès le mois de Mai 1884.
La « seule » fontaine du village.
Selon les témoignages et les traces découvertes lors de la réalisation des fondations de l’actuel tri postal, la toute première fontaine citée plus haut, recueillait l’eau du terrain avoisinant par drainage et ne donnait que de faibles quantités. L’alimentation directe par le béal semble avoir supplanté le drainage, et fonctionne encore partiellement aujourd’hui.
La fontaine fraîche.
Le griffon proprement dit de la fontaine fraîche avec sa date 1906 est beaucoup plus difficile à tracer.
L’alimentation des abreuvoirs et fontaines publiques réalisée en 1884, ne donne pas les résultats escomptés. La canalisation se situe dans le lit de la Berre et nécessite de perpétuelles réparations.
Un nouveau projet sera mis à l’étude dès 1909.
De plus, cette eau n’est toujours pas potable.
En 1906, c’est dans ce contexte de manque d’eau potable que cette fontaine, fraîche qui plus est, a été réalisée. Les archives municipales sont abondantes concernant la construction du pont de fer voisin (1887), des quais et escaliers dans les années 1890, mais il semble qu’il y ait une impasse sur la réalisation de cette fontaine publique.
Les témoignages des ainés concordent sur le fait que l’eau de cette fontaine provenait d’un réservoir maçonné et souterrain situé à droite au début du chemin du Pla del Castel. Les restes de tuyaux en fonte semblent le confirmer.
Mais d’où provenait cette eau si fraîche ? Toujours selon certains témoignages, elle provenait des « Fontanelles », un jardin avec un bassin d’arrosage à quelques centaines de mètres plus haut en remontant le « Rec de la Coma ».
Mais aucun vestige ne vient confirmer ces hypothèses. La seule certitude étant qu’ils ont été irrémédiablement détruits par des travaux successifs et que notre fontaine gardera sa part de mystère.
Au final, la fontaine restaurée sera remise en eau, non potable, par reprise du captage sur le béal des jardins.
Les travaux actuels laisseront toutes les traces nécessaires dans les dossiers municipaux, avec un dossier photographique concernant leurs différentes phases.
Le chantier a été confié à Pierre du Midi, Mr Stéphane Landuré, tailleur de pierre, ayant à son actif de nombreuses interventions sur des monuments historiques de notre territoire.Il sera finalisé dans les prochaines semaines.

Histoire de la Fontaine par Antoine Villa, 10 Février 2002

Fontaine fraîche, par Antoine Villa, 10 Février 2002

Restauration de la Fontaine fraîche, Juillet 2016, Stéphane Landuré 

La Fontaine fraîche, avant…

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Fondation du Patrimoine, Fontaine Fraîche de Cascastel

Bon de Souscription

Et pourtant, elle coule!

La Fondation du patrimoine a ouvert pour 10 millions d’euros de chantiers en quatre ans ​

2013 Eglises PO

Les églises d’Aytua, de Vernet-les-Bains, ou la chapelle de Molitg (de gauche à droite), ainsi que la croix gothique du cimetière de Catllar font partie des dossiers portés par la Fondation du patrimoine. Elle a créé parallèlement le festival « Musique et Patrimoine » pour lequel se produisent le guitariste Philippe Mouratoglou et la soprano Ariane Wohlhuter pour lui permettre de récolter des fonds. PHOTO/© D.R
Elle a pour vocation « la sauvegarde et la valorisation du patrimoine rural non protégé ». Nombreuses sont ses réalisations en Conflent. Mais reste encore insuffisamment sollicitée.
Là, une église. Ici, une chapelle. Ailleurs, un lavoir. Ce peut être aussi une tour, une fontaine, une croix, un oratoire ou un four à pain. Sur le point de s’effondrer. Menacés de disparition. Voués aux ronces et à l’oubli. Bon nombre sont aujourd’hui sauvés. Restaurés et rénovés. « Entre les collectivités et les particuliers nous traitons entre 35 et 40 dossiers par an » indique, non sans une certaine fierté, Paul Estienne, délégué départemental de la Fondation du patrimoine.
Créée il y a 15 ans par le ministère des Finances, de la Culture et par de grandes entreprises du CAC 40, cette structure a pour vocation la sauvegarde du « patrimoine rural non inscrit et non classé ».
La chapelle de Molitg gravement menacée
Comment ça marche ? Paul Estienne en explique le mode de fonctionnement dans les grandes lignes. « Au départ, je suis soit saisi directement par les collectivités, soit par l’intermédiaire de réseaux tels que l’association des maires ou le PNR. Je réalise ensuite un audit et cible les priorités. Puis, je monte un dossier que je soumets à l’architecte des Bâtiments de France. Nous travaillons en étroite collaboration. Pour le financement, j’interviens à plusieurs niveaux. D’abord, sous forme de mécénat en capital limité de 15 000 € par opération, qui doit représenter 20 % du devis hors taxe. Ensuite, en offrant la possibilité d’ouvrir une souscription permettant de défiscaliser le montant du don. Puis, enfin, au travers d’une convention de partenariat avec le conseil général qui abonde du même montant que la Fondation du patrimoine ».
Les résultats sont là. Tangibles. Aujourd’hui, sur le Conflent, plusieurs opérations sont bien engagées. L’un des gros chantiers concerne la chapelle des baigneurs de Molitg. Dite aussi chapelle Notre-Dame de Bon Secours. Elle fut érigée en 1854 parce que les baigneurs (nom donné à l’époque aux curistes) trouvaient la montée vers l’église du village trop ardue.
De style néo-gothique, elle se compose d’une nef à trois travées voûtées et dispose sur ses flancs nord et sud de deux chapelles elles-mêmes voûtées sur croisées d’ogives. Fermée au public pour des raisons de sécurité, elle a besoin de travaux urgents. Ceux envisagés concernent la réfection de la toiture et des voûtes, puis la restauration partielle de l’intérieur.
« Le seul loto où l’on est sûr de gagner »…
Pour ce qui concerne l’église anglicane de Vernet-les- Bains, « le montage financier est bouclé », poursuit Paul Estienne. Les 50 000 euros couvrant la réfection de la toiture « ont été pratiquement financés par du mécénat ». Cette église avait été construite au début du XXe siècle par la haute société britannique.
La bâtisse présente un style dépouillé qui annonce l’art déco et le mouvement moderne qui suit la première guerre mondiale. D’autres réalisations sont à mettre à l’actif de la Fondation du patrimoine à l’instar de la chapelle d’Aytua, du lavoir de Marquixanes, du pont de Serdinya, ou de la salle Mistinguett de l’hôtel du Portugal de Vernet.
Fillols et Taurinya ont également bénéficié de son soutien. Constat. Teinté d’un brin d’amertume. « En quatre ans, nous avons permis d’ouvrir pour 10 millions d’euros de chantiers. Si l’on rapporte ces chiffres à des statistiques INSEE, cela représente 300 emplois créés ou maintenus. Et ce, dans l’indifférence la plus totale des pouvoirs publics et des représentations syndicales ou patronales ». Outre les propriétaires publics et associatifs, la Fondation du patrimoine est également habilitée à intervenir dans le domaine privé.
Grâce notamment à des plans de financement défiscalisés sur tout ou partie des travaux. Faisant dire, sous le ton de la boutade, à Paul Estienne : « Nous sommes le seul loto où quand on mise, on est sûr de gagner ».

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