La rénovation du 18ème siècle

Contexte économique et social de la transformation du Château au XVIIIème siècle

En étudiant le décor de gypseries nous avons évoqué Marie Thérèse de Ros, possible commanditaire dans la fenêtre chronologique dans laquelle il se déploie. Nous avons précisé aussi la fortune dont elle pouvait disposer ainsi que son expérience de  gestionnaire.

La famille de Ros appartenait à la haute noblesse catalane  et figurait parmi les plus fortunées et les mieux allées, avec les d’Ortaffa notamment. Le premier époux de Marie Thérèse, Gaspard de Gléon, Baron de Durban, disposait d’un vaste domaine seigneurial, d’un statut social et nobiliaire compatible avec un alliance avec la famille de Ros.

Marie Thérèse, veuve, contribua à la mise en valeur de ce domaine de Durban.

Le second époux de Marie Thérèse, surtout connu pour son habileté comme médecin et l’émoi considérable qui saisit la ville de Narbonne lors de son décès en 1734, n’était pas non plus un moindre personnage car Marie Thérèse de Ros dérogea à sa noblesse en l’épousant. Ses fonctions de médecin des Etats de Languedoc et sa proximité avec les archevêque de Narbonne ont pu en faire un personnage influent malgré une apparente modestie, et disposant d’une fortune personnelle.

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Le règne de Louis XIV

« …Ne m’imitez pas dans le goût que j’ai eu pour les bâtiments, ni dans celui que j’ai eu pour la guerre. » Ce sont les paroles de Louis XIV agonisant au futur Louis XV alors âgé de 5 ans.

Le long règne de Louis XIV qui hissa la France au rang de modèle pour l’Europe et les Etats Unis d’Amérique dans bien des domaines se termina dans un contexte assez éloigné des fastes passés du Roi Soleil.
La santé du roi est altérée, sa descendance fauchée par les épidémies, et l’état des finances publiques et de l’économie est catastrophique.

« A partir des années 1680 et jusqu’aux années 1730, la conjoncture  devient défavorable. La fin du XVIIe et le début du XVIIIe sont très durs pour les populations soumises au ralentissement de l’activité. Les calamités climatiques semblent plus nombreuses. Les sécheresses répétées des années 1680 sont dévastatrices. Les hivers froids se multiplient et culminent dans le terrible Janvier 1709 qui voit la destruction d’une partie des oliveraies du Midi. L’impôt royal doit alimenter la politique extérieure de plus en plus coûteuse de Louis XIV. Il pèse de plus en plus lourd sur des producteurs appauvris. Les disettes deviennent fréquentes. Un partie de la population quitte la campagne où les abandons de terres rendues peu rentables par la pression fiscale se multiplient. Les difficultés s’étendent jusqu’à l’époque de la régence du duc d’Orléans (1715-1721). »

In Précis d’Histoire du Languedoc, Christian Nique, 2007.

 

La récession économique sous le règne de Louis XIV et la reprise à parie de la Régence de Philippe d’Orléans (1715-1723) puis du règne de Louis XV (1723-1774).