Intempéries

Episode méditerranéen du 13-14 Février 2017​

Pas d’accidents ni de dégâts majeurs​ à déplorer

Barrage du Payrol​

La Basse de Foun de Fa
La basse de Foun de Fa

Intempéries: quand la rivière Aude fait son show​

Intempéries 27 Janvier 2017

Aude se jetant dans ma Méditerranée, Janvier 2017
La rivière l’Aude se jette dans la mer PHOTO/photo Benjamin Gravel.

Intempéries: quand la rivière Aude fait son show

Vendredi dernier, la météo s’est déchaîné sur les départements de l’Aude, des Pyrénées-Orientales et de l’Hérault. Il est tombé entre 150 et 200 millimètres d’eau sur le nord audois, placé pendant près de 36 heures en alerte orange pluie/inondation/crue . 
Les crues du Cesse et de l’Aude ont nécessité de nombreuses interventions. Mais au-delà des dégâts occasionnés, il faut bien se rendre à l’évidence que la nature donne parfois des spectacles hors du commun.
Météo Languedoc publie sur son compte Twitter, depuis samedi, une image spectaculaire de la rivière l’Aude en crue se jetant dans la mer.
Interrogé sur ce phénomène Météo Languedoc explique « Un axe orageux accompagné de fortes pluies a stationné durant plusieurs heures entre les Corbières et l’Ouest du Biterrois. Les cumuls de pluie ont approché localement 200 mm sur la totalité de l’épisode, ce qui a conduit à générer une crue modérée de l’Aude. »

Episode méditerranéen du 27 Janvier 2017​

Pas d’accidents ni de dégâts majeurs​ à déplorer

Sous l'église et le Château,  27 Janvier 2017, 16h
Montée de la rivière sous le Château
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Le bassin de la fontaine rempli par les eaux de drainage.

Episode Méditerranéen du 2 Novembre 2015​

Episode Méditerranéen du 2 Novembre 2015

La Berre sous l’église et le Surgel

Plan d'eau dégagé sous le barrage

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Découvrez les importants dégâts causés au chemin de Rivière par les pluies du 29 au 30 Novembre 2014, Vidéo  Adrien Tyou, rue du Bureau à Cascastel

Le Chemin de Rivière, Janvier 2015
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Après les inondations, opération plage propre aux Cabanes de Fleury

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La plage offrait un paysage de désolation au lendemain des inondations.
Le littoral est encore aujourd’hui méconnaissable ! La plage des Cabanes à Fleury notamment est ensevelie sous des milliers de mètres cubes de branchages et de déchets de toutes sortes.
Devant l’ampleur des dégâts, la municipalité de Fleury-d’Aude lance un appel à tous les amoureux de la nature le mercredi 14 janvier 2015.
En réalisant un nettoyage manuel, dans un premier temps en tout cas, les plastiques et autres déchets polluants seront recyclés. Pour participer, il suffit de s’inscrire à la mairie de Fleury ou au 04 68 46 60 60. Le casse-croûte de midi sera offert à tous les participants.
Le point de rendez-vous sera le parking de la plage aux Cabanes à 8 h 30. Toutes les personnes disposant de fourches, râteaux ou gants de protection peuvent les apporter​.

Narbonnais : Les vignes sacrifiées de l’Orbieu

Pont de Villedaigne, Décembre 2014
Vue du pont de Villedaigne : pas besoin de plus pour comprendre pourquoi les vignerons du secteur demandent l’autorisation et les moyens de nettoyer l’Orbieu.(Photo par Jérôme Lehuby)
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Une délégation chinoise est venue «apprendre comment gérer les inondations» à Narbonne.(Photo par Jérôme Lehuby)
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Plusieurs exploitants se sont retrouvés mercredi matin à l’endroit de l’ancienne berge de l’Orbieu, constatant l’inquiétante concentration de gravier qui dévie l’écoulement de l’eau.(Photo par Jérôme Lehuby)

« Depuis 1999, nous sommes les oubliés des inondations ». Et Henri Martinez n’en peut plus, et il n’est pas le seul. À Raïssac, Villedaigne, Laparre, Névian et Marcorignan, nombreux sont les vignerons dont l’exploitation a subi de plein fouet la dernière crue de l’Orbieu. « La mienne a été touchée à 50 %, poursuit Henri Martinez. Un tiers des vignes du secteur a subi des dégâts ». Et c’est loin d’être la première fois.
« Après les inondations de 99, une berge située au hameau de Laparre s’est fissurée, raconte Marc Camus, viticulteur névianais. Une brèche de 80 m s’est formée… puis au fil des ans, la berge entière a disparu ». Une protection de 600 m balayée par les flots, à l’usure. Livrant le vignoble aux caprices de cieux et de la rivière… caprices de plus en plus fréquents.
« En l’espace de cinq ans, nous avons essuyé une crue par année », rappelle Henri Martinez. Pour les exploitations proches de l’Orbieu, les conséquences sont toujours les mêmes. Systématiques et désastreuses. Car la berge de Laparre n’a jamais été reconstruite.
Henri Martinez en sait quelque chose : ancien membre du conseil municipal de Névian, il était alors délégué à l’Orbieu. « Les efforts du Syndicat se sont prioritairement concentrés sur la protection des habitations, ce qui est tout à fait normal. Mais aujourd’hui, il faut aussi penser à nos terres ! ». Il y a urgence : le nombre d’exploitations diminue. « Certains sont partis ailleurs, d’autres arrachent, précise Marc Camus. On ne peut plus continuer à travailler en sachant qu’on risque de tout perdre aux prochaines intempéries ! »
Les « Vignerons de l’Orbieu » ont donc décidé d’interpeller le préfet à travers un courrier. « Nous demandons la remise en état de la berge mais aussi, tout simplement, l’autorisation de nettoyer le lit de la rivière ». Une requête en passe de devenir le cheval de bataille de toute la population des Corbières.
Quand la digue de Cuxac-d’Aude intéresse – aussi – les Chinois 
« On est là pour apprendre. Vous avez beaucoup d’inondations, et vous gérez bien » . Une délégation de 16 hauts fonctionnaires de la province du Fujian, fréquemment visitée par des typhons.
Leur tournée française, dans le cadre d’un voyage d’étude franco-chinois les a amenés, hier midi, au siège du Syndicat Mixte du Delta de l’Aude qui gère la digue de Cuxac, « qui fait référence au niveau national pour sa taille (10 km) et son coût 26 millions d’euros », expliquait :
« A Cuxac-d’Aude, nous avons tiré les leçons de l’histoire »

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Lors de la réunion avec le préfet Louis Franc.(Photo par Philippe Leblanc)

A l’heure des bilans des inondations, Gilbert Pla se félicite du rôle des digues à Cuxac-d’Aude. Le Préfet de l’Aude, lui, est venu évaluer les marges de progression. 
Huit jours après l’abondant épisode pluvieux qui a laissé des traces dans l’Est audois, le Préfet Louis Le Franc a rencontré les responsables du Syndicat mixte du Delta de l’Aude (SMDA) et les maires du Narbonnais concernés, hier, à Cuxac-d’Aude.
Un lieu doublement symbolique. Ici, en effet, 1999 rappelle un drame, et 2014 une référence en matière de protection contre les inondations. « Ici, nous avons tiré les leçons de l’histoire », a souligné Gilbert Pla pour le SMDA, qui est revenu sur l’engagement d’une ministre « qui a suffisamment compris la situation pour entreprendre des travaux de construction d’une digue sur un linéaire de 10 km pour 44,5 millions d’euros investis dans les Basses plaines ». La semaine dernière, « une pluviométrie importante sur des terres gorgées d’eau avec une mer qui a retenu, a eu peu d’incidences à Cuxac et alentours ».
Crue quinquennale 
Mais, nuance Gilbert Pla, « c’était, cette fois, une crue quinquennale de 1 400 mètres cubes par seconde, alors qu’en 1999, elle était de 4 500 m3/s. Mais les digues ont apporté plus de sérénité aux Cuxanais et nous pouvons saluer cette réalisation ». Jacques Pociello, maire de Cuxac, confirme : « La digue a joué son rôle, les populations n’ont pas eu les pieds dans l’eau. Du coup, Cuxac fait l’exception ». Le Préfet de l’Aude s’est pour sa part arrêté sur trois points, « pour évaluer les marges de progression ». D’abord, la gestion de crise : « Nous devons améliorer la qualité de l’alerte et des plans communaux de sauvegarde ». Puis, « il faut porter un regard critique sur la partie en amont ainsi qu’en aval. De nouveaux investissements devront être réalisés pour apporter des réponses à des demandes légitimes des populations ». Voir du côté de la Berre…
« Une mission technique est en cours à Sigean », a glissé Louis Le Franc, qui entend avoir une photographie la plus complète possible des zones impactées. 80 communes ont demandé un soutien effectif, « j’ai demandé d’accélérer les indemnités », a confié le Préfet. Au fil des échanges, d’autres problématiques ont été soulevées. Par Guy Sié pour Fleury. Par Didier Aldebert (Vinassan) au sujet de l’ouverture « trop restrictive de l’A9 pour servir de passage à un littoral aux routes coupées par les eaux ». Par Édouard Rocher (Coursan) à propos « d’une meilleure signalétique à trouver pour la circulation déviée ». Des détails qui prouvent que l’essentiel, la protection des populations, est acquis. Ici.
« Nous ne pouvons plus payer 60 000 euros de nettoyage par an »
Chaque année, les mêmes photos de la plage des Cabanes-de-Fleury couverte de bois et divers objets refleurissent ici et là. Une “repousse” dont se passerait volontiers le maire Guy Sié : « Nous avons le sentiment fâcheux que pour l’État et le Département, l’Aude s’arrête à Coursan »attaque-t-il, bille en tête et exaspération en bandoulière, lors de la réunion. En cause, la digue incurvée au débouché du fleuve Aude, « qui fait que tout ce qu’il transporte se dépose sur la plage des Cabanes, et rien ne nous échappe ! »
Du bois, mais aussi toutes sortes de détritus « qu’il faut évacuer rapidement, avant que le sable ne les recouvre ». Guy Sié le dit tout net : « Nous ne voulons plus payer seuls. On pourrait mettre 60 000 euros tous les ans pour nettoyer la plage de Fleury, alors qu’on a consacré 80 millions pour protéger Cuxac. Il faut une intervention collective face à cette pollution massive ». Le Préfet en convient : « Il n’est pas normal que seule votre commune supporte le coût du nettoyage, on ne peut pas fermer les yeux là-dessus ». La DDTM opterait bien pour « une répartition solidaire de tous, via le SMMAR ». Un SMMAR (Syndicat mixte des milieux aquatiques et rivières de l’Aude) à qui le Préfet demandera de prendre en charge ce coût annuel. « Et pour cette année, questionne Guy Sié, est-ce que je renvoie les détritus à l’expéditeur ? » Fleury a déjà déboursé 20 000 euros en octobre pour une première “livraison”…
L’élu soulève un autre problème : « Un courant érosif grignote la plage des Cabanes, alors que de l’autre côté du fleuve à Vendres, la plage se recharge en sable ! » Une visite sur zone était programmée en fin de matinée. Pour joindre l’image au son.

Inondations, les Chinois en renfort>

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Après la visite du préfet (photo) à Cuxac d’Aude les Chinois sont invités à échanger sur le thème de la protection contre les inondations PHOTO/NARBONNE PHILIPPE LEBLANC

Surverses ou digues plus élevées, végétation dans les lits de rivière ou non ? Depuis le récent épisode méditerranéen dévastateur dans les P.O et dans l’Est audois, de nombreuses questions se posent sur l’efficacité de tel ou tel système. Ce matin au siège du Syndicat Mixte du Delta de l’Aude (SMDA) à Narbonne, une délégation chinoise est attendue pour échanger sur le thème de la protection contre les inondations. Hier, le préfet de l’Aude Louis Le France et Gilbert Pla, président du SMDA s’étaient rendus sur le terrain dans les basses plaines de l’Aude, à Cuxac d’Aude notamment.

Fleury-d’Aude : Le cordon dunaire et la plage des Cabanes en péril

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La plage des Cabanes a particulièrement souffert. Des tonnes de bois se sont échouées. PHOTO/© D.R

Les travaux réalisés par le Conservatoire du littoral ont souffert durant les intempéries des 29 et 30 novembre derniers. Explications.
Les travaux engagés au printemps par le Conservatoire du littoral pour consolider le cordon dunaire par la pose d’un clayage de ganivelles et le renforcement de la digue avec le sable puisé dans la passe du port ont été malmenés par la tempête de ce début décembre. Guy Sié, le maire, Yvon Ciquier, adjoint responsable des Cabanes de Fleury et Benoît Pichery, directeur des services techniques, se sont rendus sur place pour constater l’ampleur des dégâts.
Guy Sié explique : « À la fin du XIXe siècle, entre le hameau des Cabanes et la plage, lors de la crise viticole liée au phylloxéra les Salins du Midi avaient planté 100 hectares de vignes. Pendant plus d’un siècle, la mer n’a jamais pénétré dans ce vignoble ! Avec seulement quelques chevaux et des ouvriers, les Salins du Midi arrivaient à entretenir le cordon dunaire. La plage était alors beaucoup plus large. C’est en incurvant la digue du débouché en mer à la fin des années quatre-vingt qu’on a créé un courant érosif latéral qui détruit peu à peu la plage jusqu’à venir grignoter le cordon dunaire 200 m après l’embouchure. Dans la durée, ce cordon dunaire sera probablement détruit. L’élévation du niveau de la mer n’est pas mis en cause, inversement, la plage voisine de Vendres en rive gauche du fleuve s’engraisse de sable d’année en année « .
Guy Sié demande à l’État que des mesures de lutte contre cette érosion soient prises. Il poursuit : « Les habitations du port des Cabanes, ne sont pas plus exposées au risque de submersion que celles des autres stations du littoral. Le hameau est implanté à 500 m en retrait de la plage et est légèrement surélevé par rapport à celle-ci, car construit sur une dune fossilisée ». Et le premier magistrat d’indiquer : « D’ailleurs, au cours de cet épisode climatique de grande intensité que l’Aude vient de connaître, aucune maison des Cabanes n’a été envahie par les eaux. Il suffirait de créer un petit endiguement de 50 cm de hauteur autour de la station des Cabanes pour la protéger des plus fortes houles et aussi des plus fortes crues, qui tournent ordinairement autour de la dune fossile sans la submerger. La sécurité des habitants serait alors garantie pour de nombreuses années, même si la hausse annoncée du niveau de la mer se produisait « .

Vignes & Chemins, par Annie Charles

Basse Foun de FaInondations : l’élu de proximité… une digue malmenée qui n’a pas lâché

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La solidarité est de mise pour faire face à des événements exceptionnels.(Photo par Photo J. L.)

Les élus audois ont été les protagonistes décisifs de la gestion de crise lors des dernières crues. Ils n’ont pas ménagé leur peine pour aider leurs administrés. 
Ils ont passé des nuits blanches, ouverts les salles de fêtes, distribué des repas et des couvertures, observé heure après heure l’évolution des cours d’eau, collecté les appels, organisé les secours. La mobilisation des élus durant cette nouvelle crue historique aura très largement permis de limiter les dégâts et de préserver des vies.
Soutenus par les professionnels du secours et de la gestion de crise en préfecture, encadrés par des plans communaux de sauvegarde qui fixent dans le marbre les procédures à suivre en cas d’urgence (voir ci-contre), ces élus ruraux ont littéralement mouillé le maillot pour et aux côtés de leurs administrés. S’ils restent modestes, renvoyant vers « l’héroïsme » des pompiers, admirant leur abnégation sur le terrain, il n’en reste pas moins que leur engagement de tous les instants a rappelé aux électeurs et administrés que nous sommes, que la proximité n’est pas un vain mot sous nos latitudes. La réforme territoriale, la disparition annoncée des conseils généraux, les regroupements intercommunaux, comme les regroupements de casernes de pompiers ou de gendarmerie ne vont pourtant pas dans ce sens. Les maires de Sigean, Portel, Durban, Villedaigne, Gruissan, Fleury, Sallèles pour ne citer qu’eux ont immédiatement réagi, accompagnés de la plupart, si ce n’est de la totalité des conseillers municipaux.
« Quand je pense à tous les gens sur les quais évacués aux étages, d’autres mis en sécurité. On y est retourné en 4X4 à nos risques et périls pour s’assurer qu’il n’y avait plus personne en danger. On était 14 élus, sur les 15 du conseil. C’est notre conception de l’élu local qui se fiche de l’étiquette politique », se souvient un maire dans les Corbières.
Cette proximité rime avec ruralité, un terme fourre-tout qui traduit à la fois le « bon sens paysan », évoqué par le président de la FNSEA Xavier Beulin à Portel, ce mercredi, quand il regrette que les riverains et agriculteurs « sont verbalisés quand ils entretiennent les abords de rivière », et la citoyenneté quand un président d’association (L’ADBR, voir ci contre) regrette publiquement en 2006 qu’on parle toujours « d’acteurs » de la rivière, « mais jamais de riverains », qu’on ne consulterait jamais, et « qui se retrouvent en correctionnelle quand ils agissent sur la rivière ». Ainsi, à l’heure des régions de plus en plus vastes, du tout intercommunalité et des regroupements, c’est le plus petit dénominateur commun qui obtient souvent le meilleur résultat. L’une des leçons à retenir de 2014.

« Le Plan communal de sauvegarde est une sorte de mini-Orsec»

« L’après-99 a eu deux conséquences favorables : le PPRI et Plan communal de sauvegarde (PCS), une sorte de mini-Orsec actionné six fois depuis 2008 », explique Christian Gaillard, le maire de Durban : « Ça, c’est super calé. J’ai déclenché le PCS dès vendredi matin, quand la Berre est montée d’un mètre en 20 minutes ». Le Plan communal de sauvegarde explique l’existence à Durban comme à Sigean, Villedaigne et ailleurs de cellules de crise. Chaque commune établit son propre PCS, mais les documents de chacune d’elles sont imbriqués par souci de cohérence. Dans l’Aude, 250 communes sont dotées d’un PCS, dont 100 sur le territoire du Syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières (SMMAR). Concrètement un PCS est un document, mis en place par des cabinets d’étude avec la commune codifiant les procédures : fermetures de voiries, évacuations à faire à partir d’un certain niveau de crue, tout est noté… «c’est un guide » résume Christian Gaillard. L’autre dispositif salué par les communes est le Plan de prévention risques inondations (PPRI). C’est un document stratégique cartographique et réglementaire qui définit les règles de constructibilité. « C’est un zonage avec des interdictions d’urbaniser : à Durban, il y avait 12 maisons dans le lit de la rivière en 1999. Aujourd’hui elles n’y sont plus, il n’y a plus cet effet de vague », explique le maire de Durban, commune dont le PPRI a été approuvé en 2009.
Les actions juridiques de la Réserve africaine et la création en 2006 d’une Association de défense des riverains de la Berre et du Rieu ont néanmoins entraîné l’annulation du PPRI pour tout le bassin de la Berre (10 communes concernées) par la cour administrative d’appel de Marseille en février 2013 ! Seules les cartes d’aléas (décrites par Christian Gaillard) restent officielles. Il y a 154 PPRI dans l’Aude.

Narbonnais : reconnaissances de l’état de catastrophe naturelle et réflexion de fond sur les intempéries

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Le préfet de l’Aude Louis Le Franc à l’écoute des maires des communes sinistrées qui attendent la décision de classement en catastrophe naturelle. PHOTO/ Nathalie Amen Vals

A Carcassonne, le préfet a réuni les maires des communes audoises sinistrées. Le syndicat de la Berre estime que les travaux entrepris ont permis d’éviter le pire. Le débat – lui – est ouvert… 
Une vingtaine de communes – sur la quarantaine concernée par les intempéries – ont formulé une demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. Le préfet de l’Aude Louis Le Franc a réuni, mercredi, tous les élus concernés pour les aider à préparer les dossiers, à déposer avant vendredi, l’état de catastrophe naturelle devant être reconnu en conseil des ministres le 10 décembre. La procédure permettra le remboursement des biens des personnes physiques et morales par les assurances
Mercredi, l’heure n’était pas au constat ou au bilan de cet épisode méditerranéen, mais des questions ont déjà été posées sur la manière de gérer ou de prévenir de telles crises, vu le caractère récurrent de ce phénomène météorologique, et… le souvenir du lourd bilan de 1999. À demi-mot, les quelques élus joignables mercredi après-midi (les maires de Durban et Sigean avaient encore chacun rendez-vous avec le sous-préfet de Narbonne, Béatrice Obara) estiment que des questions doivent effectivement être posées, notamment sur les responsabilités de chacun et sur les moyens financiers disponibles. Un bilan attendu au plus haut niveau de l’État. « Marylise Lebranchu (NDLR. ministre de la Décentralisation et de la fonction publique) m’a téléphoné personnellement mardi », rapporte ainsi Alain Péréa, le maire de Villedaigne : « Elle s’est inquiétée de la situation et m’a assuré que le gouvernement comptait beaucoup sur la réunion en préfecture pour tout ce qui concerne les questions de suivi ». Car, après la reconnaissance de catastrophe naturelle doit – nécessairement – venir une réflexion commune entre tous les acteurs concernés sur les meilleurs moyens d’éviter la prochaine.
Le SIAH réagit 
Mis en cause par le maire de Durban pour sa gestion du lit de la Berre, le syndicat de la Berre et du Rieu (le SIAH), par la voix de son président Jean-Claude Montlaur, maire d’Albas estime « qu’il ne faut pas crier au loup. Les travaux réalisés ont permis d’éviter des dégâts comme en 1999. C’est surtout ça qu’il faut retenir ». Le président du SIAH, présent à la réunion en préfecture hier matin, estime toutefois qu’il est temps de clarifier les compétences de chacun : « L’enrochement à Durban : personne ne veut mettre un centime sur un ouvrage qui ne sert à rien. C’est aussi ça la démocratie…» «Le département est structuré en syndicats de bassins, chapeauté par le SMMAR, c’est dans ce contexte que nous évoluons depuis 1999 », se défend Jean-Claude Montlaur qui refuse d’assumer « toutes les responsabilités ». « L’État et le conseil général financent notre syndicat à hauteur de 80 %. 20 % restent à notre charge. Je comprends le débat qu’il peut y avoir sur le bois dans le lit de la rivière. Mais, on fait avec nos moyens. Pour l’entretien de la rivière nous agissons en système triennal, soit 25 km par an… mais en deux ans la végétation repousse très vite ! »
Pour lui Durban aurait été parmi les communes les moins touchées : « La traversée a avalé une crue similaire à 1999, et si le stade a été inondé, il faut savoir que sa construction a été autorisée à condition qu’il serve de vase d’extension de crue ».
Un bilan de cette crise sera sans doute aussi de reconnaître la nécessité de démocratie et de confrontation des points de vue sur la question complexe de la meilleure manière de contrôler la furie de la nature.

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Ce matin, lundi 1er décembre, dans la commune de Villedaigne.(Photo par J. L.)
Le président du conseil général est convaincu que les travaux menés depuis 15 ans ont permis d’éviter le pire. Dès dimanche soir, alors que la vigilance rouge était levée dans l’Aude, André Viola affichait son « soulagement » en constatant « l’absence de drame humain ».

Jusqu'à 340mm de pluie

Créé en 2002 à l’initiative du conseil général, le Smmar réunit 438 communes audoises et 30 villages de l’Hérault. Il coordonne les projets du programme d’action et de prévention des inondations (Papi), cofinancé par Etat, conseils généraux, Région, Europe, agence de l’eau et maîtres d’ouvrages. De 2006 à 2014, 81 M€ ont été engagés. Parmi les réalisations de ce Papi 1, les 10 km de digues de Cuxac-d’Aude, un chantier à 26 M€ inauguré en 2013. Les sinistrés de Sigean ou Portel-des-Corbières, tout autant que les dirigeants de la réserve africaine, auront en toute logique du mal à apprécier une lecture positive du bilan. Le président du conseil général voulait cependant voir, 15 ans après des inondations meurtrières, dans la « sauvegarde des populations » le résultat des travaux accomplis depuis 1999. Avec Jacques Chabaud, directeur du syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières (Smmar), créé en 2002, André Viola dressait donc hier un premier bilan.
En quoi les travaux accomplis depuis 1999 ont-ils empêché le pire ? 
André Viola : Sur la Berre, on a dépassé les seuils de 1999. Et partout où je suis passé hier, on a fait le constat qu’il n’y a pas eu d’embâcles. Même si on peut toujours mieux faire, même s’il y a des endroits où ce n’est pas fait, j’y vois le résultat du travail d’entretien des rives (2 000 km de rives nettoyés depuis 1999, Ndlr) porté par le Smmar, ainsi que les travaux d’aménagements des digues (40 km de digues et barrages ont été construits ou reconstruits en 15 ans pour 50,5 M€, Ndlr). Dimanche, aucun ouvrage d’art n’a lâché. Dans un à deux ans, les travaux du 1er programme d’action et de prévention des inondations (Papi) seront achevés, pour un montant global de 80 M€. Mais nous sommes déjà engagés sur les 50 M€ de travaux qui seront inclus dans le Papi 2.
Certains secteurs sont-ils voués à la catastrophe en cas d’intempéries ? 
André Viola : A Cuxac-d’Aude, il n’y a rien eu, ce n’est pas neutre. J’ai pu lire que la digue avait lâché, mais il ne s’agit pas de celle qui a été construite, c’est une digue de bord d’Aude. Si on s’aperçoit que, malgré tout, on ne peut pas arrêter l’eau, il n’y a pas de fatalité pour les inondations dans les basses plaines. Jacques Chabaud : Tout est perfectible, et on en apprend tous les jours. Ces événements vont permettre d’affiner les dispositifs. Ce qui est sûr, c’est que l’appareillage ne remplacera jamais l’homme : à Sallèles-d’Aude, on savait que les digues de jonction débordaient avec un début proche de 1 200 m3/s. Un technicien était sur place dimanche, on sait très précisément que ça déborde à 1 295 m3/s. André Viola : Il y aura des adaptations nées de cet épisode. Depuis dimanche, les maires savent que la montée de la Berre peut être causée par le Barrou (un affluent) : ils l’incluront dans un plan communal de sauvegarde modifié (200 plans sont recensés dans l’Aude, Ndlr).
Comment avez-vous perçu le travail de prévention et de prise en charge des sinistrés ? 
André Viola : J’ai été impressionné au centre opérationnel départemental en préfecture, par la coordination entre services et la connaissance du sujet. L’anticipation était là : on savait qu’à tel niveau de crue correspondraient telles conséquences. Il y a aussi eu des évolutions technologiques depuis 1999 : Predict, c’était un outil qu’on n’avait pas à l’époque, comme le point inforoute pour les usagers.
Quelles sont les suites pour les dégâts causés ? 
Les services de l’Etat vont opérer des constats sur site, et le préfet a envoyé un message à tous les maires concernés ce lundi dans le cadre d’une procédure simplifiée de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. On travaille aujourd’hui à accompagner les particuliers pour ce qui relève de l’aide sociale. Le conseil général prendra également sa part pour les travaux en matière de voirie : même si on est au-delà du délai pour les dépôts de dossier de demande de subvention, on accompagnera les communes. Le coût global des dégâts sur les rivières et routes devrait être connu en fin de semaine. Jacques Chabaud, du Smmar, et André Viola.
En bref 
* 258 interventions pendant le week-end La vigilance orange a été levée, hier après-midi, sur l’Aude.
Ce week-end, 258 interventions de secours ont été menées. 160 sapeurs-pompiers et 110 gendarmes étaient engagés. En tout, les militaires ont mis en sécurité 342 personnes. L’hélicoptère de la gendarmerie a réalisé 15 des 18 hélitreuillages dans l’Aude.
* Des trains bloqués par la boue
Les voyageurs ont dû prendre leur mal en patience hier. La circulation des trains a été interrompue vers 6 h, en raison de la présence de boue sur la voie entre Toulouse et Carcassonne. Seize trains (dix de grandes lignes, six express régionaux) ont été retardés ou supprimés. La circulation a repris sur une voie, vers midi, puis sur les deux, vers 16 h. Pour les usagers, le répit n’était que temporaire : un mouvement social a entraîné le remplacement de nombreux trains par des bus, hier et aujourd’hui.
* Les commerces de la rue de Verdun préservés
Des commerces de la Bastide font régulièrement les frais des fortes précipitations. C’est notamment le cas en haut de la rue de Verdun, qui se transforme parfois en torrent en cas de fortes pluies. Ces commerces n’ont pas été inondés. L’intervention des services de la Ville pour nettoyer les bouches d’égout vendredi matin, dans ce secteur, a visiblement permis d’éviter les infiltrations.
* Après les inondations, que faire ?
La préfecture a édité sur son site (www.aude.gouv.fr) un dossier destiné aux particuliers et aux élus sur les démarches à mener après les inondations. Volet explicatif sur les opérations à réaliser pour désinfecter les habitations touchées par les eaux, démarches d’indemnisation et modalités du classement en catastrophe naturelle y sont détaillées. * Encore des routes coupées
Hier, entre Axat et les Pyrénées-Orientales, la circulation restait dangereuse. Dans le Narbonnais, quelques voies, notamment au niveau des étangs mais aussi au niveau de Durban-Corbières, restaient fermées. Le conseil général évoquait deux points noirs : la RD 611, justement, entre Durban et Villeneuve, et la RD 14, à Rennes-les-Bains, où de gros blocs de pierre menacent de tomber sur la route. Des expertises géotechniques doivent être menées sur le réseau pour déterminer si les routes ont été ou non fragilisées par des infiltrations.

Côte d'alerte, Décembre 2014

Inondations : l’état de catastrophe naturelle reconnu pour 41 communes audoises>

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A Fleury comme dans 44 autres communes, l’arrêté permettra de déclarer les dégâts aux assureurs en dégâts subis par catastrophe naturelle PHOTO/Narbonne.

L’état de catastrophe naturelle a été reconnu par arrêté mercredi soir pour 41 communes de l’Aude. L’arrêté est publié ce jeudi 11 décembre au Journal Officiel.
Communes reconnues en état de catastrophe naturelle
DÉPARTEMENT DE L’AUDE
Inondations et coulées de boue du 27 novembre 2014 au 30 novembre 2014
Communes de
Belvianes-et-Cavirac, Bizanet, Boutenac, Bugarach (1), Camps-sur-l’Agly (1), Carcassonne, Cascastel-des-Corbières, Clermont-sur-Lauquet, Coustouge (2), Cubières-sur-Cinoble (1), Durban-Corbières, Fleury, Fontjoncouse (2), Fourtou, Greffeil, Jonquières (1), Ladern-sur-Lauquet, Luc-sur-Orbieu, Montséret (2), Moussan, Mouthoumet (1), Narbonne, Névian, Ornaisons, Paziols, Portel-des-Corbières, Quintillan, Raissac- d’Aude, Rennes-les-Bains, Saint-André-de-Roquelongue, Saint-Hilaire, Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, Saint Marcel-sur-Aude, Sigean, Sougraigne (1), Tournissan, Tuchan, Ventenac-en-Minervois, Villedaigne, Villeneuve-les-Corbières, Villesèque-des-Corbières.
Les victimes de dégâts disposent de 10 jours après la parution au J.O pour faire la déclaration à leur assureur en vue d’une prise en charge du règlement du sinistre.

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