L’église

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​L’église, le Presbytère et son desservant

« notre église est dans un grand état de délabrement, la voute du chœur percée en différents endroits laisse passage à la pluie. Les murs des chapelles latérales lézardés sur plusieurs points menacent ruine. Le plancher de la tribune est sur le point de s’écrouler. La toiture de la maison presbytérale est à peu près dans le même état que celle du chœur de l’église. L’écurie dépendant de la maison curiale tombe également en ruines,… »
Une restauration importante incluant église et presbytère, aura lieu en 1838, le portail actuel en porte la date.

Les réparations de 1838 et le testament de Martial Pailhoux



L’arcade du portail d’entrée porte la date de 1838.
Le portail en bois actuel a été réalisé dans les années 1950, par Georges Rivière, Menuisier à Cascastel.
La statue de la vierge à l’enfant date de la seconde moitié du 19ème siècle, époque des Sœurs de la Sainte Famille.
Elle a été placée là dans la première moitié du 20ème siècle. 

Une étude pour devis de restauration réalisée en Août 2017 par l’entreprise Biorestauro a révélé différentes cassures de la statue réparées tant bien que mal et surtout la présence de pigments, tels le vert de Montpellier, employés au 18ème siècle dans le château. Cette statue est donc plus ancienne qu’estimé précédemment et va être prochainement restaurée.

​​Registre des délibérations du Conseil Fabrique

1866, le 19 Novembre

19 Novembre 1866, Bénédiction du Presbytère restauré

1866, le 19 Novembre 
Bénédiction du nouveau Presbytère par Mr Caunes, Curé, en présence de Mr Jalabert, curé de saint Jean de Barrou
Cette maison commencée le 9 Mai 1864 a été terminée à la fin de 1865; et la clef a été remise à Mr le curé par Mr le Maire, le 5 Novembre 1866.
Signé: Caunes, Curé
Il est dit « cette maison commencée le 9 Mai 1864 », il s’agirait donc d’une construction nouvelle, le local qui servait auparavant de presbytère (l’actuelle bibliothèque), étant inhabitable. 

Le logement du Curé, avant 1866

L’an 1868 et le Dimanche de Quasimodo (1er Dimanche aprés Pâques), le Conseil de Fabrique autorise l’achat par mr le Curé d’un « ornement double, rouge et blanc, et d’une étole en drap d’or ». Tous objets soigneusement conservésdepuis.    1868, Achat ornements
1870 et toujours le Dimanche aprés Pâques, achat d’un « tour d’autel et d’une écharpe en drap d’or ». Egalement soigneusement conservés depuis.  Achat tour d’autel

église, vers 1900?

1875, le 19 Avril, Visite Pastorale de Mgr François de Sales-Albert Leuilleux

Visite Pastorale 1875


Mgr Leuilleux arrive à Cascastel où il est accueilli par l’abbé Jean Baptiste Peyre, Curé de la paroisse et Mr Milard, missionnaire. Le Maire, retenu par une indisposition, n’est pas venu à sa rencontre.
Mgr trouve que l’église est trop petite par rapport au nombre de paroissiens et demande qu’on l’agrandisse en plaçant le porche en face du maître autel; une chapelle sera créée pour les fonts baptismaux.
Mgr désire également que la Fabrique fasse dorer le calice qu’elle possède et en procure un autre pour les jours ordinaires, le ciboire doit également être doré. Mgr déplore le manque d’ornements pour célébrer les « saints mystères ».
Cette visite de 1875, nous éclaire sur les dispositions actuelles de l’église et permet de les situer dans le temps.

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L’église comprenait déjà trois chapelles.Le porche ne fut pas déplacé et l’on ne construisit pas de quatrième chapelle. Les fonts baptismaux se trouvaient encore dans le renfoncement où a été installée la commande des cloches. Les nouveaux fonts, installés dans la chapelle face à l’entrée (Sacré Cœur), ont d’ailleurs été confectionnés avec les fragments du maître autel en marbre rouge, du 17ème, remplacé fin 19ème par un autel néogothique en marbre blanc.
Le parement extérieur des murs de la chapelle des fonts baptismaux (Sacré Coeur), visibles dans l’ancien cimetière, révèle l’utilisation d’un ancien contrefort comme mur de la chapelle.
Le calice de la Fabrique a bien été doré, il est toujours en parfait état, mais n’est plus utilisé de nos jours.
Quant au manque d’ornements, la prospérité viticole et les goûts pour les décors riches et surchargés de la fin du 19ème siècle allaient le pallier.

En 1875, le presbytère comprenait déjà en rez de chaussée, 2 salons, une cuisine, une buanderie et une cave. Le pavement du salon est à refaire, le bas des murs doit être lambrissé à cause des remontées d’humidité.
La cuisine et l’un des salons constituent aujourd’hui la salle polyvalente, et la bibliothèque municipale est logée dans l’ancienne cave, qui est probablement le lieu d’habitation des premiers desservants et le bâtiment le plus ancien de la commune.

Le jardin du curé ne rapporte presque rien à cause du vent et de la sècheresse.
En 1875, la déforestation (charbon de bois, etc.), les ravages causés par les troupeaux (chèvres, etc.) ont pris une telle ampleur que les cultures se concentrent à l’abri de murs et sous forme d’oasis autour des aménagements hydrauliques.

Abbé Jean Baptiste Peyre

C’est en 1869 que la statue de ND de la Récaoufa aurait été érigée, alors que Jean Baptiste Peyre venait d’arriver comme curé à Cascastel, après avoir été vicaire pendant 3 ans, puis curé pendant 4 ans et demi à Dernacueillette.
Selon d’autres sources (G. Arnaud), les travaux de maçonnerie de la tour seraient beaucoup plus tardifs. La tour composée d’une base carrée et d’une surélévation cylindrique s’est effondrée en 1972 et a été reconstruite un peu plus loin en 1975.
Aucune mention de cet acte de piété populaire que constituait l’érection d’une statue de la vierge, au cours de cette visite de 1875, dans laquelle le matériel semble l’emporter largement sur le spirituel. 

Les murs de l’église sont en mauvais état et la voûte menace ruine. Il n’y a pas encore de tribune dans l’église. Le clocher carré est haut de 16m, avec ses deux fenêtres romanes. Il y a une horloge dans l’église.
Il y a une lampe à huile auprès du tabernacle. L’église est éclairée par trois lampes à pétrole, ce qui ne permet pas aux fidèles de lire. Il y a un équipement de grands chandeliers pour chaque autel et une grande quantité de chandeliers et bougeoirs ordinaires.
Il n’y a pas de banc réservé pour Mr le Maire, les « fabriciens » se tiennent dans le choeur, et les chantres derrière l’autel.
Il y a une chaire en plâtre, commode et bien placée. Elle pouvait se situer côté Nord entre les deux chapelles, ce qui expliquerait l’arasement en partie basse des nervures soutenant l’arc de la voûte.
Le cimetière est à 200 pas de l’église, ses murs ne sont pas correctement entretenus. (Voir page « cimetière »).
Le conseil de Fabrique se compose de: Jean Baptiste Peyre, Curé, Rodière, Président, Deville; Trésorier, Louis Astruc, Secrétaire, Louis Arnal, Pierre Imbert, Jacques Malvezy, Conseillers, « tous propriétaires ».
Les ressources de la Fabrique se montent à 160 francs pour les chaises, 40 francs pour les quêtes et 5 francs pour les troncs. La Fabrique possède également un petit troupeau de brebis confiées au troupeau de la paroisse.
Ces troupeaux, nécessaires à la subsistance des plus pauvres, dans une économie encore à dominante autarcique, participaient au surpâturage général, à une érosion intense que l’on tentait de juguler par des murettes, et provoquaient des inondations meurtrières. La taxation du cheptel par les communes n’y changeait pas grand chose. Les grands programmes de reboisement ont été initiés à cette période.

Les deux religieuses étaient logées dans une petite maison « faisant autrefois partie du Presbytère ».
Cette maison, au bord de la route d’Albas est aujourd’hui propriété de la commune et louée.
Les religieuses balaient l’église chaque semaine et s’occupent du linge. Elles s’occupent aussi des fleurs et de la sacristie.
Il y a quatre chantres « assez solides » et quatre autres « qui suivent les autres » et bavardent!
L’abbé Peyre, célèbre deux messes le dimanche, 8h à Villeneuve et 10h à Cascastel. Il s’agit de l’heure solaire, soit deux heures plus tard que notre heure d’été, et une heure plus tard que notre heure d’hiver.
Il existe une bibliothèque paroissiale, peu utilisée. Il est probable que peu d’adultes savaient lire et écrire.
La matinée du Dimanche et des Jours de Fête était travaillée pour les hommes. Il semble qu’elle ait été réservée au retrait du fumier des écuries.
Les enfants des écoles viennent à la messe du Dimanche « en corps » accompagnés de leurs maîtres et maîtresses. Il ya deux écoles publiques et une école religieuse. tenue par deux religieuses des Fillles de Jésus de Massac près Lavaur.
Les 330 habitants de Cascastel (320 à Villeneuve) sont « assez paisibles, ignorants, travaillent la vigne et les céréales ». Ils sont généralement atteints  » d’indifférence, immoralité, avarice ». Les journaux les plus lus sont « La fraternité » et « Le Républicain ». Il y a quatre cafés où l’on danse souvent « des danses très immorales ».
Il y a cependant une bonne entente entre les paroissiens et le prêtre, à l’exception de 2 ou 3 personnes, ennemies déclarées mais respectueuses.

1894, le 19 Février

Le conseil de fabrique (comité chargé de la gestion des locaux et des œuvres de la paroisse) demande une réparation de l’église. « Considérant que les réparations dont il s’agit sont reconnues nécessaires et indispensables; que la demande de la fabrique est fondée, et que le défaut de ses ressources ainsi que de celles de la commune est suffisamment démontré… » sollicite le concours de l’état ou de la commission départementale pour obtenir un subside.

1897, le 27 Février Toiture du Presbytère


Une partie de la toiture menace ruine, des étais ont été mis.
Coût: 130 francs sur les fonds libres de la commune.

1907, le 8 Mars Location du presbytère


« Le conseil municipal a pris la délibération suivante : Art1 : La commune loue à Mr Loumagne, desservant, la maison d’habitation formant le Presbytère pour la somme annuelle de 170 francs.
Art2 : Mr Loumagne pourra jouir du jardin contigu jusqu’au jour où la commune jugera à propos d’en disposer sans aucune réserve ni indemnité de part et d ‘autre, soit pour la jouissance, soit pour la reprise de ce jardin.
Art3 : Les réparations du presbytère seront à la charge de Mr Loumagne, mais les grosses réparations, telles que reconstruction de la toiture des plafonds ou des murs qui auraient été démolis par un sinistre quelconque, orage, incendie, etc. restent à la charge de la commune. Art4 : Les contributions sont à la charge du preneur.
Art5 : Mr Loumagne ne pourra sous louer l’immeuble désigné ci-dessus sans l’autorisation du maire dûment autorisé par le conseil municipal.
Art6 : Le bail sera fait pour une durée de trois ans à partir di 1er Mars 1907 et ne pourra être annulé que par le décès ou le déplacement de Mr Loumagne. Le fait par Mr Loumagne d’aller habiter à Villeneuve ne pourrait ni modifier les présentes conventions ou annuler le bail.
Art7 : Le paiement aura lieu d’avance par trimestre. Le 1er trimestre partira du 1er Mars 1907 et le premier paiement aura lieu dans la huitaine qui suivra l’approbation du bail. Les frais de timbre te d’enregistrement du bail seront à la charge du locataire.

1910, le 5 Juillet Location du Presbytère 


« Le conseil municipal délibère
Art-1- Le commune loue à Mr Loumagne, desservant, la maison formant le presbytère pour la somme annuelle de cent soixante et dix francs (170) francs.
Art-2- Mr Loumagne pourra jouir du jardin contigu jusqu’au jour où la commune jugera à propos d’en disposer autrement sans aucune réserve ni indemnité de part et d’autre, soit pour la jouissance ou la reprise de ce jardin.
Art-3- Les réparations du presbytère seront à la charge de Mr Loumagne, mais les grosses réparations restent à la charge de la commune.
Art-4 Les contributions personnelle et mobilière sont naturellement à la charge du locataire.
Art-5 Mr Loumagne ne pourra sous louer l’immeuble ci-dessus désigné sans autorisation du Conseil Municipal. Le bail serait résilié d’office le jour où Mr Loumagne quitterait la commune.
Art-6- Le bail sera fait pour une durée de trois années à partir du 1er Juillet 1910.
Art-7- Le prix du loyer sera payable par trimestre et d’avance, le premier paiement devant avoir lieu dans la huitaine qui suivra l’enregistrement du bail. Mr Loumagne devra payer le prix du loyer pendant la période écoulée depuis l’expiration du dernier bail. Les frais de timbre et d’enregistrement du bail seront à la charge du locataire.

1920, le 15 Février, Réparations à l’église, Traité de gré à gré avec le serrurier


« Mr le Maire expose au conseil que la fissure existant à la voûte de l’église s’étant encore élargie, qu’il y aurait danger à laisser cet établissement plus longtemps en cet état,il demande au conseil l’autorisation de traiter de gré à gré avec le sieur Cabart, Serrurier à Narbonne, pour la pose d’une ceinture métallique conformément au devis dressé par ce dernier.
Le Conseil Municipal, vu le devis ci-dessus mentionné, vu l’urgence des réparations, vu en outre le budget communal pour l’exercice courant et l’état de la situation financière, est d’avis d’autoriser Mr le Maire à souscrire avec Mr Cabart un traité de gré à gré pour les réparations à faire à la voûte de l’église conformément au devis dressé par Mr Cabart. »

1929, le 1er Décembre, Visite Canonique

1929, le 1er Décembre, Visite Canonique


Selon le rapport de l’Abbé LANET, contresigné par le Doyen de Durban, l’Abbé Raymond Fourtanier, la messe quotidienne du prêtre de Cascastel est suivie par 3 à 4 personnes, un Dimanche ordinaire en réunit 65 à 70 dont un ou deux hommes, une grande Fête en réunit une centaine, dont quelques hommes et jeunes gens à la Noël ou à Pâques.
Cascastel compte alors 359 habitants.
La Paroisse se rend le 8 Septembre à Notre Dame de l’Olive.
Il n’y a pas d’école libre à cette époque.
L’abbé Lanet dessert Albas, Quintillan et Villeneuve. Il s’y rend à bicyclette ou à pied.
Il y a à Cascastel quelques espagnols qui sont visités par l’un de leurs prêtres. A près les flux migratoires importants et dotés de véritables filières pendant la guerre 1914-1918, la recession économique de 1929 allait amener la France à fermer ses frontières. Plus sur l’immigration espagnole

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​​Inventaire 1932, Abbé Lanet

1932, Le 31 Décembre, Réparations faites à l’église, de 1928 à 1931

Cette mention rédigée par l’Abbé LANET, le 31 Décembre 1932, permet de dater le pavement en carreaux de ciment de la sacristie et des chapelles, de même que l’escalier de la tribune. Le carrelage du choeur semble de la même époque, de même que les lambris, discrètement arts déco qui entourent le maître autel.
Il existe 32 bancs pour les fidèles, probablement , ceux que nous utilisons encore aujourd’hui.

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1942, le 17 Décembre, Réparation du mur de soutènement de l’église


« Monsieur le Président a ouvert la séance et a exposé que le mur de soutènement des fondements de l’église, prenant pied dans la rivière Berre, présentant une brèche sérieuse pouvant entraîner sa chute totale lors d’une arrivée massive d’eau créée par un orage ou par des pluies persistantes, a du être réparé d’urgence par Monsieur Pizzichelli, entrepreneur à Quintillan (Aude). Le montant des frais d’exécution des dits travaux s’élève à 1625 francs, soit 5m3 de maçonnerie à 325 francs le m3. »

1919, le 15 Décembre 1919, Réparations à l’église, Ceinture métallique et tirants 

« Mr le Maire expose à l’assemblée que la fissure existant à la voûte de l’église s’étant encore élargie, la ceinture métallique pour laquelle une somme de 650 francs avait été prévue au budget additionnel de 1920 va devenir insuffisante et que de l’avais du serrurier Cabart qui doit livrer incessamment la ceinture prévue, il faudra y ajouter deux tirants en fort rondin en acier pour donner plus d’emprise intérieure, que le coût de ces tirants sera de 500 à 600 francs.
Attendu qu’il existe aux art 20 et 21 du budget additionnel un crédit de 600 francs sous le titre de canal d’arrosage, Réparations conduites d’eau, que par suite des difficultés à se procurer la main d’œuvre et les matériaux nécessaires, ce crédit ne sera pas employé, le maire propose en conséquence d’affecter par virement une somme de 600 francs des dits n°20 et 21 pour compléter la consolidation de l’église par l’adjonction de tirants en acier.
Le Conseil,
Ouï les explications de Mr le Maire, Considérant que cette dépense supplémentaire à laquelle la commune est obligée de subvenir présente u caractère d’urgence qui ne permet pas de la retarder, décide qu’elle sera imputée sur les crédit des art 20 et 21 du budget additionnel sous les titres de Canal d’arrosage, Réparations conduites d’eau. »

1944, le 8 Janvier, arrivée de l’abbé Jarnoux.