La vie d’avant

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​La vie d’Avant​

La vie d’avant, 1835-1839
3-2014-florilège-insolite-1835-1839

1875, le 19 Avril, Visite Pastorale de Mgr François de Sales-Albert Leuilleux

Mgr Leuilleux arrive à Cascastel où il est accueilli par l’abbé Jean Baptiste Peyre, Curé de la paroisse et Mr Milard, missionnaire. Le Maire, retenu par une indisposition, n’est pas venu à sa rencontre.
Mgr trouve que l’église est trop petite par rapport au nombre de paroissiens et demande qu’on l’agrandisse en plaçant le porche en face du maître autel; une chapelle sera créée pour les fonts baptismaux.
Mgr désire également que la Fabrique fasse dorer le calice qu’elle possède et en procure un autre pour les jours ordinaires, le ciboire doit également être doré. Mgr déplore le manque d’ornements pour célébrer les « saints mystères ».
Cette visite de 1875, nous éclaire sur les dispositions actuelles de l’église et permet de les situer dans le temps.
L’église comprenait déjà trois chapelles. Les fonts baptismaux dans la chapelle face à l’entré actuelle, n’existaient pas, ils se trouvaient encore dans le renfoncement où se trouve aujourd’hui la commande des cloches. Les nouveaux fonts ont d’ailleurs été confectionnés avec les fragments du maître autel en marbre rouge, du 17ème, remplacé fin 19ème par un autel néogothique en marbre blanc.
Le parement extérieur des murs de la chapelle des fonts baptismaux, visibles dans l’ancien cimetière, révèle le fantôme d’un ancien porche en blocs bien taillés. Ce porche protégeait la « porte des morts » située généralement sur le mur Nord des sanctuaires les plus anciens de la chrétienté. Cette porte donnait accès au cimetière qui n’était plus utilisé depuis 1829, et déjà transféré sur son site actuel.
Le calice de la Fabrique a bien été doré, il est toujours en parfait état, mais n’est plus utilisé de nos jours.
Quant au manque d’ornements, la prospérité viticole et les goûts pour les décors riches et surchargés de la fin du 19ème siècle allaient le pallier.

En 1875, le presbytère comprenait déjà en rez de chaussée, 2 salons, une cuisine, une buanderie et une cave. Le pavement du salon est à refaire, le bas des murs doit être lambrissé à cause des remontées d’humidité.
La cuisine et l’un des salons constituent aujourd’hui la salle polyvalente, et la bibliothèque municipale est logée dans l’ancienne cave, qui est probablement le lieu d’habitation des premiers desservants et le bâtiment le plus ancien de la commune.

Le jardin du curé ne rapporte presque rien à cause du vent et de la sècheresse.
En 1875, la déforestation (charbon de bois, etc.), les ravages causés par les troupeaux (chèvres, etc.) ont pris une telle ampleur que les cultures se concentrent à l’abri de murs et sous forme d’oasis autour des aménagements hydrauliques.

C’est en 1869 que la statue de ND de la Récaoufa aurait été érigée, alors que Jean Baptiste Peyre venait d’arriver comme curé à Cascastel.
Selon d’autres sources (G. Arnaud), les travaux de maçonnerie de la tour seraient beaucoup plus tardifs. La tour composée d’une base carrée et d’une surélévation cylindrique s’est effondrée en 1972 et a été reconstruite un peu plus loin en 1975.
Aucune mention de cet acte de piété populaire que constituait l’érection d’une statue de la vierge, au cours de cette visite de 1875, dans laquelle le matériel semble l’emporter largement sur le spirituel.

Les murs de l’église sont en mauvais état et la voûte menace ruine. Il n’y a pas encore de tribune dans l’église. Le clocher carré est haut de 16m, avec ses deux fenêtres romanes. Il y a une horloge dans l’église.
Il y a une lampe à huile auprès du tabernacle. L’église est éclairée par trois lampes à pétrole, ce qui ne permet pas aux fidèles de lire. Il y a un équipement de grands chandeliers pour chaque autel et une grande quantité de chandeliers et bougeoirs ordinaires.
Il n’y a pas de banc réservé pour Mr le Maire, les « fabriciens » se tiennent dans le choeur, et les chantres derrière l’autel.
Il y a une chaire en plâtre, commode et bien placée. Elle pouvait se situer côté Nord entre les deux chapelles, ce qui expliquerait l’arasement en partie basse des nervures soutenant l’arc de la voûte.
Le cimetière est à 200 pas de l’église, ses murs ne sont pas correctement entretenus. (Voir page « cimetière »).
Le conseil de Fabrique se compose de: Jean Baptiste Peyre, Curé, Rodière, Président, Deville; Trésorier, Louis Astruc, Secrétaire, Louis Arnal, Pierre Imbert, Jacques Malvezy, Conseillers, « tous propriétaires ».
Les ressources de la Fabrique se montent à 160 francs pour les chaises, 40 francs pour les quêtes et 5 francs pour les troncs. La Fabrique possède également un petit troupeau de brebis confiées au troupeau de la paroisse.
Ces troupeaux, nécessaires à la subsistance des plus pauvres, dans une économie encore à dominante autarcique, participaient au surpâturage général, à une érosion intense que l’on tentait de juguler par des murettes, et provoquaient des inondations meurtrières. La taxation du cheptel par les communes n’y changeait pas grand chose. Les grands programmes de reboisement ont été initiés à cette période.

Les deux religieuses étaient logées dans une petite maison « faisant autrefois partie du Presbytère ».
Cette maison, au bord de la route d’Albas est aujourd’hui propriété de la commune et louée.
Les religieuses balaient l’église chaque semaine et s’occupent du linge. Elles s’occupent aussi des fleurs et de la sacristie.
Il y a quatre chantres « assez solides » et quatre autres « qui suivent les autres » et bavardent!
L’abbé Peyre, célèbre deux messes le dimanche, 8h à Villeneuve et 10h à Cascastel. Il s’agit de l’heure solaire, soit deux heures plus tard que notre heure d’été, et une heure plus tard que notre heure d’hiver.
Il existe une bibliothèque paroissiale, peu utilisée. Il est probable que peu d’adultes savaient lire et écrire.
La matinée du Dimanche et des Jours de Fête était travaillée pour les hommes. Il semble qu’elle ait été réservée au retrait du fumier des écuries.
Les enfants des écoles viennent à la messe du Dimanche « en corps » accompagnés de leurs maîtres et maîtresses.
Les 330 habitants de Cascastel (320 à Villeneuve) sont « assez paisibles, ignorants, travaillent la vigne et les céréales ». Ils sont généralement atteints  » d’indifférence, immoralité, avarice ». Les journaux les plus lus sont « La fraternité » et « Le Républicain ». Il y a quatre cafés où l’on danse souvent « des danses très immorales ».
Il y a cependant une bonne entente entre les paroissiens et le prêtre, à l’exception de 2 ou 3 personnes, ennemies déclarées mais respectueuses.

​​

La Société de Secours Mutuel fondée en 1913 fonctionna jusqu’en 1949.Ses adhérents, en échange d’une cotisation, recevaient une aide de la Société de Secours Mutuel (chirurgie, décès, etc.). Cette aide allait au delà des simples prestations.
Revivez ces aspects de la vie municipale d’autrefois en cliquant sur le lien ci-dessous.
Union et Prévoyance

Bannière de la Société de Secours Mutuels

​​​

République Française
Arrêté concernant la tranquilité publique
Le Maire de la Commune de Cascastel
Vu la loi du 5 Avril 1884, Art 978827
Vu l’Article 471 du Code Civil
Considérant que le devoir de l’autorité municipale a pour objet d’assurer le bon … et la tranquilité publique
ARRETE
Article 1er – Il est interdit de chanter de jour et de nuit des chansons sur la voie publique ayant trait aus élections et visant un ou plusieurs citoyens.
Article 2 – Le Garde Champêtre de la Commune ainsi que tous autres représentants de l’autorité sont chargés de l’exécution du présent arrêté.
Article 3 – Les contraventions au présent arrêté seront constatées par des procès verbaux et les contrevenants seront poursuivis devant le tribunal de simple police.
A Cascastel, le 2 Août 1896.
Le Maire
Rodière

​​​

Liste Electorale Consulaire pour 1922

Cette liste d’électeurs professionels comprend 7 noms:

1-Galland Charles, 42 ans, Courtier en vins, à Cascastel – Maison Thomas sur le Quai.
2- Bertrand François, 65 ans, Epicier – Maison Dibert, 2 rue du Bureau.
3- Peyrard Jean, 56 ans, Limonadier –
4- Raspaud Ernest, 44 ans, Boucher –
5- Saury Eugène, 32 ans, Boucher – Maison Durand, à l’angle de la rue de l’Ancienne Poste et du Quai.
6- Rouger Antonin, 42 ans, Boulanger – Maison Novicki, Passage de La Couverte.
7- Saury Aristide, 30 ans, Boulanger –

En 1922, la Cave Coopérative n’est pas encore totalement opérationnelle. L’activité des courtiers en vin se poursuivra jusque dans les années 1980.
Le Village comptait donc au moins deux bouchers et deux boulangers, dans la force de l’âge.
Les temps ont bien changé…

​​

​​


​​​